
Le gaspillage au Québec constitue un enjeu majeur de société, touchant à la fois l’environnement, l’économie et la qualité de vie des citoyens. Avec des volumes de déchets colossaux chaque année, la province doit faire face à la saturation progressive de ses centres d’enfouissement et à l’explosion des coûts liés à la gestion des matières résiduelles. Au fil des années, les chiffres s’accumulent et dressent le portrait d’un défi complexe, où l’urgence d’agir ne fait aucun doute. Voici une analyse détaillée, chiffres à l’appui, du problème du gaspillage au Québec en 2025.
En 2025, le Québec jette chaque année environ 3,1 millions de tonnes de résidus alimentaires tout au long de la chaîne d’approvisionnement, dont 1,2 million de tonnes d’aliments parfaitement comestibles. Ce gâchis représente près de 16% des aliments produits dans la province. Au total, ces pertes alimentaires génèrent 3,6 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES), soit 4% de toutes les émissions québécoises, plus que celles du transport maritime, aérien et ferroviaire réunis.
Mais le gaspillage ne s’arrête pas à l’alimentaire. Au Québec, 41% de la nourriture est rejetée de la terre (ou mer) à la table, pour un total de 3,1 millions de tonnes — parmi la plus grande proportion en Amérique du Nord. Une étude mentionne que sur les 7,5 millions de tonnes de denrées en circulation, 4,43 millions sont consommées et 3,12 millions sont jetées comme résidus alimentaires.
Le Québec compte aujourd’hui 38 lieux d’enfouissement techniques (LET), dont 5 mégasites majeurs : Saint-Thomas-de-Joliette, Lachenaie, Sainte-Sophie, Drummondville et Lachute. Ces sites reçoivent de 500 000 à 1,2 million de tonnes de déchets annuellement, beaucoup provenant d’autres régions, ce qui accentue leur saturation. Selon le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), 22 de ces espaces atteindront leur capacité maximale d’ici 2041 si le rythme actuel se maintient. Cela oblige à envisager la création de nouveaux sites ou l’agrandissement des existants, un chantier complexe et coûteux tant sur le plan infrastructurel que social.
Les coûts de la gestion des déchets ne cessent d’augmenter au Québec. Les tarifs de l’enfouissement pour 2025 s’élèvent à 194 $ par tonne métrique (T/M) pour les déchets LET dans les écocentres, incluant la redevance de 34 $ imposée par le ministère, tandis que les matériaux secs non triés peuvent atteindre 334 $ T/M. À cela s’ajoutent des frais pour divers types de matières — par exemple, le bois usiné ou les troncs d’arbre coûtent 30 $ à 75 $ T/M, le gypse trié 170 $ T/M.
Du côté des municipalités, la situation est critique : la MRC de Montcalm, illustrant la tendance provinciale, a dû augmenter de 36,6% ses coûts de gestion des matières résiduelles en 2025 à cause du renouvellement des contrats de collecte et de traitement. Plusieurs facteurs sont en cause : la hausse du salaire minimum, l’augmentation du coût du carburant, la difficulté de recruter du personnel ainsi que la saturation des centres d’enfouissement.
Le gaspillage et l’enfouissement massif ont des répercussions environnementales, sociales et économiques :
Outre l’alimentaire, le gaspillage touche les matériaux de construction, les matières organiques et les déchets domestiques dangereux, dont l’enfouissement est particulièrement coûteux et complexe à gérer. Malgré la gratuité annoncée pour certains types de matières (métal, appareils électroniques, lampes au mercure, etc.), la gestion logistique et le tri demeurent difficiles.
Les écocentres, de plus en plus sollicités, peinent à suivre le rythme accru des volumes à traiter. Les bacs de recyclage sont souvent mal utilisés, et le taux de contamination des matières recyclables reste trop élevé pour permettre une valorisation optimale des ressources.
Des initiatives voient le jour pour réduire le gaspillage à la source, sensibiliser la population et améliorer le tri des matières résiduelles :
L’objectif ambitieux de réduction de 50% du gaspillage alimentaire à l’horizon 2025, imposé par Montréal et inscrit au Plan climat, témoigne de la volonté de transformer la gestion des matières résiduelles. Néanmoins, la route est longue : pour atteindre une société zéro déchet, il faudra un changement profond des habitudes de consommation, une révision des modes de production et une véritable synergie entre entreprises, citoyens et instances publiques.
Le problème des objets encore fonctionnels jetés à la poubelle s’ajoute à l’urgence du gaspillage au Québec, constituant un immense gâchis de ressources et une source de pollution évitable. Cette problématique concerne aussi bien les appareils électroniques, les meubles, que les vêtements et jouets, dont une part significative pourrait être réemployée ou échangée plutôt qu’enfouie ou incinérée.
Selon Recyc-Québec, près de 97% du contenu des sacs à ordures des ménages québécois ne devrait pas s’y retrouver, car beaucoup d’objets, dont des biens en bon état, pourraient être réparés, réutilisés ou donnés. Chaque année, on estime que des centaines de milliers de tonnes de mobilier, d’électroménagers et de textiles sont enfouies, faute de solutions accessibles de reprise ou d’échange. Cette situation découle du manque d’information, de la difficulté logistique ou simplement du manque de temps des citoyens.
Le Québec propose plusieurs alternatives au gaspillage d’objets en bon état :
Malgré la modernisation des centres de tri au Québec, les matières résiduelles d’objets potentiellement utilisables sont souvent éliminées faute de solutions de réemploi réellement accessibles ou attractives. La majorité des citoyens n’ont ni le temps, ni l’envie de parcourir différentes plateformes ou centres physiques, et beaucoup d’objets finissent leur vie à la poubelle simplement par commodité.
Face à ces limites, la plateforme Jetroque.com se positionne comme une innovation de rupture. Fondée à Montréal, Jetroque propose une application mobile intuitive fondée sur le principe du « matching » inspiré de Tinder : chaque utilisateur indique les objets qu’il souhaite troquer, puis l’algorithme intelligent, reposant sur l’IA et la traçabilité blockchain, propose des échanges localisés, rapides et sécurisés selon les préférences et besoins réels.
Les avantages de Jetroque :
Malgré ses atouts, Jetroque et les autres solutions de troc se heurtent à plusieurs contraintes :
Le gaspillage d’objets encore utiles restera un défi tant que les solutions de réemploi ne seront pas systématisées, intégrées au quotidien et valorisées socialement. Jetroque.com offre une voie prometteuse vers une économie circulaire moderne au Québec, mais son déploiement dépendra de la mobilisation de toutes les parties prenantes et de la transformation progressive des habitudes de consommation